Accéder au contenu principal

Pasteur Mailhol : les affaires religieuses rapportent…

AFRIQUE HEBDO

Le pasteur Mailhol de la secte Apokalipsy vient d’exposer samedi dernier devant ses disciples les nouveaux jouets de son parc automobile.


En effet, le pasteur Mailhol vient d’acquérir de Hong Kong deux véhicules tout terrain considérés haut de gamme : un Hummer (H2) nouveau modèle double pont et un Porsche Cayenne. Les deux véhicules qui viennent de renforcer son parc automobile constitué de véhicules haut de gamme comme les BMW, Jag, Toyota,…que l’on remarque aisément par les inscriptions collés sur les pare-brise : Apokalipsy.


Le simple citoyen est très surpris de constater l’enrichissement rapide de cette organisation qui peut étendre son parc automobile en s’appropriant deux véhicules haut de gamme estimé à 2 milliards de FMG auprès des concessionnaires de la capitale. Ces acquisitions sont-ils uniquement le fruit des quêtes de son église auprès de ses fidèles ? Le doute peut en effet s’installer. 

Il semble en effet que le pasteur Mailhol se lance dans une sorte de défi où il manifeste publiquement la puissance de son organisation en exposant les trophées de ses activités. Car, à plusieurs reprises le pasteur Mailhol a déjà proposé à Marc Ravalomanana des solutions de rechange au moment où le régime de l’ancien chef d’Etat démissionnaire a du faire face à la hausse des prix du carburant et des prix du riz (et des PPN). A l’époque, le pasteur Mailhol a proposé ses services en affirmant qu’il peut trouver des fournisseurs en carburants et en PPN à bas prix pour sauver le régime Ravalomanana d’une éventuelle explosion sociale.

Notons que Apokalipsy n’est pas le seul à montrer publiquement sa puissance, puisqu’on remarque aussi le foisonnement des véhicules qui arborent l’autocollant : « Winner’s Chapel ». 

Dans le monde occidental, on assiste à une méfiance accrue vis-à-vis de ces organisations religieuses et le document de l’Assemblée nationale française fait au nom de la commission d'enquête (présidé par Jacques Guyard et rapporté par Jean Pierre Brard) sur la situation financière, patrimoniale et fiscale des sectes, ainsi que sur leurs activités économiques et leurs relations avec les milieux économiques et financiers indique : « L'acquisition d'un poids économique et financier important, dont on a vu qu'il était devenu une préoccupation centrale des dirigeants des mouvements sectaires, implique souvent le recours à la fraude. L'opacité organisée des structures, des réseaux et des flux financiers fournit les conditions favorables aux infractions à la législation sociale, aux délits économiques et financiers, à la fraude fiscale, y compris dans leur dimension internationale. Elle justifie, de la part des pouvoirs publics, une réponse aussi rapide qu'efficace». Les autorités malgaches devront-ils aussi réfléchir sur un contrôle systématique de ses organisations associatives qui se multiplient à Madagascar ? 

Lambo T.



Posts les plus consultés de ce blog

Madagascar : Le Colonel Randrianirina Michaël investi président dans un contexte historique

  Un tournant politique majeur pour la Grande Île Ce vendredi 17 octobre 2025, Madagascar a inscrit une nouvelle page dans son histoire politique avec l'investiture du Colonel Michaël Randrianirina à la présidence de la République. À 51 ans, cet officier supérieur qui commandait le CAPSAT (Corps d'armée des personnels et des services administratifs et techniques) a prêté serment devant la Haute Cour constitutionnelle au Palais d'État d'Ambohidahy, à Antananarivo. Un soulèvement populaire décisif Cette transition politique trouve ses racines dans un mouvement de contestation débuté fin septembre 2025. Les manifestations, initialement déclenchées par les coupures récurrentes d'eau et d'électricité, ont rapidement évolué vers une contestation généralisée du pouvoir en place. Les jeunes malgaches, regroupés sous la bannière "Gen Z Madagascar", ont dénoncé la corruption endémique, le coût de la vie exorbitant et la pauvreté généralisée qui t...

Pétard social ?

Madagascar Tribune mercredi 26 janvier 2011, par Patrick A. Deux ans déjà. Ou seulement deux ans ? Ce « lundi noir », le 26 janvier 2009, Antananarivo tombait dans un chaos imprévisible et indescriptible. Pillages et incendies échappaient à tout contrôle, et un vent de panique soufflait sur tout le pays. Au point qu’en contemplant un coucher du soleil que n’arrivaient pas à cacher les colonnes de fumée, l’on avait l’impression que n’importe quelle personne qui se serait dressée à ce moment là pour prendre le pouvoir l’aurait ramassé comme un fruit mûr. Qui plus est, elle aurait sans doute été acclamée comme le sauveur par une population apeurée. Tout paraissait préférable à cet effrayant néant auquel les Tananariviens étaient alors confrontés. Les occasions d’évoquer les aspects politiques de ce cataclysme n’ont pas manqué. Les lignes de partage sur ses causes, son déroulement ou ses conséquences ne manquent pas non plus, et deux ans après, nous ne sommes guère plu...