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Santé publique : Le ministère et le syndicat divisés

L'Express de Madagascar


Le ministre de la Santé explique son incapacité à satisfaire la revendication des médecins.
Le ministre de la Santé explique son incapacité à satisfaire la revendication des médecins.
Patience des patients devant la divergence d'opinion entre le ministère et le syndicat des médecins.
La guerre des chiffres est lancée entre le ministère de la Santé et le syndicat des médecins fonctionnaires de Madagascar. « Le salaire demandé par les médecins est exorbitant. Le ministère ne peut pas payer 2 960 000 ariary par mois par médecin. Cette somme est l'addition des six indemnités revendiquées », souligne Pascal Jacques Rajaonarison, ministre de la Santé publique. Les médecins s'insurgent, face à cette déclaration. « C'est le ministre même qui nous a demandé de faire une proposition pour l'indemnité de technicité, de risque et de travaux insalubres. Ainsi, cette proposition est en cours de discussion. Nous demandons simplement le paiement de 260 000 ariary qui est déjà inscrit dans le décret. C'est notre droit logique », explique Noël Zodaly, vice-président du syndicat du médecin.

Humanisme et tolérance
À l'hôpital Joseph Ravoahangy Andrianavalona, la grève n'a pas encore été très ressentie par la famille des patients. « Un médecin a visité notre père, ce matin. Il a mis son sérum et nous a prescrit ses médicaments », raconte Eliane Raketasoa. Au niveau d'un Centre de santé de base, le médecin a également reçu des patients. « C'est l'heure d'arrivée du médecin qui a changé. Le médecin arrive avec deux heures de retard par rapport à son heure habituelle », relate Félicité. La grève est-elle moins suivie par les médecins ? « Ce que nous faisons relève de l'humanisme. Je ne pourrais jamais laisser seul mon patient qui vient d'être opéré. De plus, les médecins ne peuvent pas prendre les patients en otage. Nous nous succédons, ainsi, pour nous occuper d'eux », explique Lin Rakotondravoavy, un membre du syndicat. L'envie de suivre la grève est présente mais la peur des sanctions pousse à la discrétion. « Je veux bien suivre mes collègues mais j'ai peur », martèle un médecin d'un dispensaire public.

Ainsi, la grève va continuer même si elle est moins percutantes sur les patients. « Nous ne cesserons jamais notre grève si ce droit dèjà acquis n'est pas effectif », conclut Noël Zodaly. 
Vonjy Radasimalala

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